Guitarist Acoustic n°17 - Guitarist Acoustic n°7 - Guitar Part - Spécial acoustique 1 - Guitar Part - Spécial acoustique 2 - Guitare magazine 220 - Guitares et Claviers 211 - Guitar & Bass - Guide de la guitare acoustique n°12

ALAIN QUEGUINER MODELE STUDIO

• Prix : 5500 euros environ avec pan coupé (selon options)
• Style : Folk pan coupé forme Studio
• Largeur au sillet : 45 mm
(43 mm en option sur notre modèle)
• Table : sitka du Canada
• Fond et éclisses : palissandre des Indes
• Manche : acajou et érable ondé
• Touche : ébène
• Chevalet : palissandre de Rio
• Mécaniques : Gotoh 510 à boutons ébène
• Equipement électro à la demande
(Fishman Matrix pour notre modèle)

Cliquez sur les photos pour les agrandir


La grande classe
On ne présente plus Alain Quéguiner, dont la lutherie exceptionnelle, à la fois sobre, élégante et redoutablement efficace, a séduit les plus grands, de Maxime Le Forestier à Lenny Kravitz. La production d’Alain se répartit essentiellement en trois modèles : OM (d’inspiration Martin), Jumbo et Studio, modèle le plus personnel en termes de son et d’esthétique - objet de ce banc d’essai.

Jumbo/Studio
En créant son modèle Studio, Alain Quéguiner a voulu "s’affranchir des contraintes Martin", avec une construction proche du modèle OM, tout en imposant sa propre esthétique. Aussi bien, si on le compare avec son fameux modèle Jumbo, la caisse est-elle moins profonde, moins large et moins longue (2 cm de moins sur la table d’harmonie, 15 mm en profondeur, et 2 cm en longueur), afin de privilégier l’équilibre sonore, première exigence dans le cahier des charges que s’est fixé le luthier. Si le magnifique effet de ruche de la Jumbo a de quoi séduire en utilisation domestique, Alain a cherché ici à limiter l’emphase sur la corde de sol et la "tournerie dans le bas" propre aux instruments de plus grandes dimensions, pour favoriser une utilisation professionnelle, notamment en configuration "prise de son" (d’où le nom du modèle). Autre avantage de cette caisse plus petite, un confort accru lors de la prise en mains (selon la morphologie de chacun…).

Credo esthétique
Pour l’heure, notre oeil a plutôt tendance à s’attarder sur les solutions toutes de raffinement et d’élégance convoquées par le luthier pour ajouter l’équilibre des lignes et du dessin à celui de l’exigence sonore. Prenons le manche, par exemple, constitué d’un collage d’acajou et d’érable ondé (pour en renforcer la densité, et donc améliorer le sustain) : pas moins de neuf épaisseurs, dont deux séries de trois feuilles de 3/10ème de millimètre d’érable teinté (noir), s’harmonisant au passage avec l’esthétique des filets de tête, des filets de touche et des bords de nacre de la caisse (aux contours ici plus fins qu’à l’accoutumée : 1,2 mm contre 1,6 mm) ! Le credo esthétique du luthier s’affirme également dans la forme et la technique retenue pour le chevalet (ici en palissandre de Rio) : l’absence de cheville est à la fois une marque d’élégance et un gage de sécurité pour l’instrument (adieu les chevalets fendus ! - Quéguiner jugeant les chevilles décidément "primaires et anachroniques", le couple/tension demeurant par ailleurs le même). Le motif des oiseaux (en repères de touche et décoration de tête) illustre enfin le goût et la cohérence s’appliquant à chaque chose, à l’harmonie des courbes de la caisse cintrée comme au choix des essences (sitka du Canada, palissandre des Indes…), à la sélection des matériaux (ainsi de l’ivoire fossilisé du sillet, un "classique" de la lutherie haut de gamme) comme à l’attention portée au moindre détail (angle arrondi de la fileterie de caisse, en érable ondé).

Sensations inoubliables
L’équilibre sonore est donc ici de mise. Du reste, la prise en mains s’avère un régal, notamment grâce aux dimensions réduites de la caisse.
L’instrument fait immédiatement corps, et met d’emblée en confiance, par sa fiabilité exceptionnelle (confort, justesse, précision, facilité, plénitude…). L’ensemble du spectre se réveille, sans "angles morts" ni renoncements : pas de basses envahissantes, mais une remarquable présence, sur la totalité du registre. Par son manche, ici assez étroit (à la demande), au profil idéal, aussi bien que par son architecture générale (forme, dimension, pan coupé), ce modèle se destine peut-être naturellement davantage au jeu au médiator (ergonomie, rapidité des traits), qu’au fingerstyle (sans rien exclure toutefois). A ce titre, signalons la qualité de la projection, douce ou plus agressive si l’on "envoie", conformément aux intentions de jeu, et la très large palette de nuances possibles en fonction de l’attaque et du choix du médiator (épaisseur, matière) avec un instrument comme celui-ci, chaque détail compte ! Des rythmiques folk au jazz, de la largeur des accords ouverts à la subtilité d’un jeu arpégé, la Studio réagit avec bonheur à toutes sortes de stimulations, affichant sa polyvalence. Mais c’est avant tout à travers la clarté et le respect des plans sonores, et le détaché des voicings, qu’on réalise pleinement "à qui" l’on a affaire, l’instrument délivrant alors de très belles et inoubliables sensations.

Max Robin

ON AIME : le son, l’esthétique irréprochable.
ON REGRETTE : RAS !

NOTES SUR 10
- Lutherie : 10
- Confort de jeu : 10
- Son : 10
- Rapport qualité/prix : hors normes

Guitarist Acoustic n° 17 11/04/08

 

Accueil - Modèles - Atelier - Presse - Interview - Album - Gros plans - Contact - Tarif